Restitution publique de travaux de recherche : une soirée de découvertes

Jeudi 13 juin 2013, près d’une trentaine de personnes est venue assister à la présentation publique des travaux réalisés par Charlotte BOUTET , Julia SHREYER et Eve SORBA, étudiantes en Master « Savoir, cultures et systèmes techniques méditerranéens », de la faculté d’histoire à Aix, sous la direction du Professeur Xavier DAUMALIN, dont l’intérêt pour le Projet Poudrerie a permis le développement d’une collaboration scientifique basée notamment sur l’exploitation d’archives en lien avec le site.

Julia SCHREYER et Charlotte BOUTET (Crédit photo : Yves HUET)

Julia SCHREYER et Charlotte BOUTET (Crédit photo : Yves HUET)

Ces recherches ont été réalisées à partir du recensement de 1906 et de registres médicaux et d’embauche du début des années 1900, conservés aux Archives Municipales de Saint-Chamas, et numérisés avec l’aide de Philippe MASSONI, archiviste, dans le cadre du Projet Poudrerie. Cette méthode de travail, qui s’inscrit dans les objectifs du projet, qui a vocation à diffuser les données et documents le plus largement possible auprès de la communauté scientifique, a permis à l’équipe de travailler à distance et sans contact, préservant ainsi l’intégrité des documents concernés.

Grâce à ce travail, des données historiques très intéressantes ont pu être mises au jour sur le profil des ouvriers et des cadres alors en service, leurs parcours respectifs et l’histoire de l’ancienne Poudrerie. On découvre par exemple, grâce à une cartographie très instructive, les quartiers d’habitation des ouvriers de la Poudrerie en 1906, ainsi que la carrière et l’itinéraire des deux directeurs de l’époque, notamment grâce à des recherches complémentaires sur la base LEONORE (Légion d’Honneur, proposée par les Archives de France).

Carole KOCH et Xavier DAUMALIN  (Crédit photo : Yves HUET)

Carole KOCH et Xavier DAUMALIN (Crédit photo : Yves HUET)

Par ailleurs, certaines observations déjà relatées dans des recherches et publications précédentes (Paul LAFRAN et Jacques LEMAIRE, notamment) sont étayées par les résultats de ces recherches inédites. Ainsi, traditionnellement, les efffectifs de la Poudrerie étaient presqu’exclusivement masculins. C’est effectivement le cas en 1906 : en effet, il n’y avait qu’une seule femme employée à la Poudrerie, une certaine Philippine ISNARD, alors agée de plus de 70 ans. On ignore en revanche quelles étaient ses fonctions précises. Si la mixité augmente au moment des deux conflits mondiaux, où les femmes sont recrutées massivement pour remplacer les hommes partis au front, en temps de paix, les archives et les témoignages recueillis depuis des décennies montrent bien que la Poudrerie emploie majoritairement des hommes, en particulier aux postes de production.

Michel AUGIER (A3P et ID Méditerranée) en discussion avec les intervenantes  (Crédit photo : Yves HUET)

Michel AUGIER (A3P et ID Méditerranée) en discussion avec les intervenantes (Crédit photo : Yves HUET)

Avec le temps, on constate que les fonctions administratives s’ouvrent néanmoins à la gent féminine. Autre observation confirmée, la nationalité des « Poudriers » qui, jusqu’aux conflits mondiaux, est exclusivement française. Cette tendance n’est cependant pas stable car là encore, l’augmentation de la demande en temps de guerre et l’absence de main d’oeuvre masculine locale obligent à recruter dans d’autres pays, parmi lesquels les colonies. Exemple notable de cette main d’oeuvre étrangère, le millier de Travailleurs Indochinois en poste à Saint-Chamas entre 1939 et la fin des années quarante.

Une vue du public  (Crédit photo : Yves HUET)

Une vue du public (Crédit photo : Yves HUET)

L’équipe du Projet Poudrerie est très heureuse de cette collaboration scientifique qui s’avère très utile au projet et  ne demande qu’à être approfondie et poursuivie. C’est également le souhait du Professeur DAUMALIN qui propose de reconduire l’expérience l’an prochain et de l’étendre, à l’occasion du centenaire de la Guerre 14-18, à cette période marquante de notre histoire.

Xavier DAUMALIN, Philippe MASSONI et Evelyne VALADE  (Crédit photo : Yves HUET)

Xavier DAUMALIN, Philippe MASSONI et Evelyne VALADE (Crédit photo : Yves HUET)

Parmi les personnes venues écouter les chercheures et leur professeur dans la prestigieuse Salle du Conseil de la Mairie de Saint-Chamas,  on a pu apprécier la présence d’élus de Saint-Chamas (notamment Marie-Lise GUINET, adjointe au Maire, qui a accueilli chaleureusement la manifestation et Alain REYRE, Adjoint au Maire) et de représentants d’institutions partenaires (Mario MARTINET, Vice-président du Conseil Général des Bouches-du-Rhône) ou membres du réseau de contacts du projet (représentants de la Médiathèque intercommunale de Miramas, Sandrine COUZI, enseignante et Présidente de la FCPE à Saint-Chamas, et collègues enseignants du Lycée des Ferrages), aux côtés des membres actifs du Projet Poudrerie, comme Jacques LEMAIRE ou Michel AUGIER.

Les discussions continuent même pendant l'apéritif  (Crédit photo : Yves HUET)

Les discussions continuent même pendant l’apéritif (Crédit photo : Yves HUET)

Le résumé des rapports de nos trois chercheures en devenir seront mis en ligne prochainement, afin de diffuser largement les données issues de ces travaux aux chercheurs et au grand public intéressés par le sujet, qui pourront prendre contact avec nous pour les consulter.

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