Chantier ID Méditerranée – Centrale Nantes : une semaine bien remplie !

Du 30 juin au 4 juillet dernier, Florent Laroche, Maître de conférences et Sébastien Rouquet, élève ingénieur en 2è année, ont été accueillis à Saint-Chamas pour un chantier de recherche organisé par ID Méditerranée, avec le soutien de la Ville de Saint-Chamas et du SIANPOU, dans le cadre du Projet Poudrerie.

Nathalie Raymond (secrétaire d'ID Méditerranée) est venue donner un coup de main aux Centraliens, Florent Laroche et Sébastien Rouquet sur la zone historique des anciens martinets, à Saint-Chamas (Crédit photo : ID Méditerranée)

Nathalie Raymond (secrétaire d’ID Méditerranée) est venue donner un coup de main aux Centraliens, Florent Laroche et Sébastien Rouquet sur la zone historique des anciens martinets, à Saint-Chamas (Crédit photo : ID Méditerranée)

Avec les bénévoles de l’association et la responsable du Projet Poudrerie, pendant une semaine, Florent et Sébastien ont déblayé en surface, mesuré, photographié, observé, numérisé… sur trois zones-clé :

  • le périmètre des moulins à meules (dans le Parc de la Poudrerie, non loin du portail d’accès des Services Techniques de Saint-Chamas),
  • la zone des martinets à poudre de Louix XIV (près du théâtre de verdure, à Saint-Chamas)
  • et l’ancien moulin à blé (entre le restaurant le Rabelais et la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas).

Sur la zone des moulins à meules, les chercheurs ont pu repérer les vestiges industriels témoins du fonctionnement de ces installations au siècle dernier : si les moulins étaient mus à l’origine par la force hydraulique, de nombreuses traces encore visibles révèlent une exploitation des moteurs électriques. Morceaux d’engrenages, paliers, clavettes, boulons, tuyaux sont autant de témoins de l’histoire que l’équipe de Centrale Nantes a entrepris de mettre en valeur dans les modèles que leur numérisation 3D servira à réaliser.

Le périmètre le plus complexe du chantier  est celui de la zone historique, située à Saint-Chamas, où ont originellement été installés les martinets à poudre noire de Louis XIV. Ces derniers ont vraisemblablement été transformés ou en partie détruits pour accueillir par la suite de nouveaux bâtiments voués à d’autres opérations de fabrication. Pour les repérer, nous avons fait appel à l’équipe du Centre Européen de Recherche et d’Enseignement de Géosciences de l’Environnement (CEREGE, UMR7730 CNRS – Aix-Marseille Université), laboratoire spécialisé dans prospection archéologique par imagerie magnétique.

Minoru Uehara et Pierre-Etienne Mathé en pleine prospection (Crédit photo : ID Méditerranée)

Minoru Uehara et Pierre-Etienne Mathé en pleine prospection (Crédit photo : ID Méditerranée)

Pierre-Etienne Mathé, responsable de la mission, et ses deux collègues, Yoann Quesnel et Minoru Uehara ont donc effectué une prospection préalable à l’intervention de l’équipe ID Méd-Centrale Nantes. Grâce à ce repérage par magnétomètre, les zones renfermant potentiellement des restes de bâtiment ou d’outillages ont pu être identifiées. La terre de surface a ensuite été dégagée par Morgane, des Services Techniques, avec la mini-pelle mise à disposition par la Mairie de Saint-Chamas.

Premiers résultats de l'exploration magnétique, M. Uehara, P.E. Mathé et Y. Quesne (Crédit photo : ID Méditerranée)

Premiers résultats de l’exploration magnétique, M. Uehara, P.E. Mathé et Y. Quesnel (Crédit photo : ID Méditerranée)

Toute l'équipe au travail : le CEREGE produit les données, Centrale Nantes reprend ses plans et ses notes Premiers résultats de l'exploration magnétique, M. Uehara, P.E. Mathé et Y. Quesne (Crédit photo : ID Méditerranée)

Toute l’équipe au travail : le CEREGE produit les données, Centrale Nantes reprend ses plans et ses notes Premiers résultats de l’exploration magnétique, M. Uehara, P.E. Mathé et Y. Quesne (Crédit photo : ID Méditerranée)

Puis, le long travail de déblayage à la pelle et à la balayette (pour ne pas abîmer les vestiges) a pu commencer, avec l’aide des bénévoles d’ID Méditerranée, placés sous la direction scientifique de Florent Laroche. Les restes de canaux (dont le canal alimentant les martinets à poudre il y a trois siècles ?) et de bâtiments ont pu être dégagés. Les hypothèses sont nombreuses, elles seront étudiées dans les semaines à venir.

Sébastien Rouquet, Patrice Malivoir (ID Méditerranée) et Florent Laroche en pleine action de mesure et de relevé de terrain

Sébastien Rouquet, Patrice Malivoir (ID Méditerranée) et Florent Laroche en pleine action de mesure et de relevé de terrain

Enfin, l’équipe a pu pénétrer dans le bâtiment du « Moulin du Pertuis », qui permettait de moudre les denrées des habitants de Saint-Chamas en utilisant l’eau de la Touloubre, amenée dès la fin du XVIIè siècle au centre du village par un canal construit à cet effet. Des galeries et des chambres sur plusieurs niveaux ont été explorées et ont fait l’objet d’un relevé précis.

Florent et Sébastien "au centre de la terre" ou plutôt sous terre, au premier niveau du Moulin du Pertuis (Crédit photo : ID Méditerranée)

Florent et Sébastien « au centre de la terre » ou plutôt sous terre, au premier niveau du Moulin du Pertuis (Crédit photo : ID Méditerranée)

Moment clé du chantier, la rencontre des Centraliens avec deux anciens Poudriers, Jacques Negron et André Limon, venus apporter leur témoignage et partager leurs souvenirs. Au-delà d’un échange convivial, cette recontre a permis aux chercheurs de confronter leurs hypothèses avec des personnes ayant travaillé sur ces installations et de compléter les données recueillies par de précieux détails.

Jacques Negron avec les Centraliens (Crédit photo : ID Méditerranée)

Jacques Negron avec les Centraliens (Crédit photo : ID Méditerranée)

Jacques Negron, ancien Chef de Quart et André Limon, ancien Agent des Poudres, avec Florent et Sébastien

Jacques Negron, ancien Chef de Quart et André Limon, ancien Agent des Poudres, avec Florent et Sébastien (Crédit photo : ID Méditerranée)

Les anciens Poudriers ont été impressionnés de découvrir la première maquette 3D dynamique réalisée par Sébastien et représentant deux meules en mouvement (Crédit photo : ID Méditerranée)

Les anciens Poudriers ont été impressionnés de découvrir la première maquette 3D dynamique réalisée par Sébastien et représentant deux meules en mouvement (Crédit photo : ID Méditerranée)

Sur ce site chargé d’histoire, les trois-cents ans d’activité de la Poudrerie se retrouvent dans les différentes strates qui se superposent, à la fois sur les bâtiments et sur leur environnement. L’équipe de Centrale Nantes, par sa connaissance des procédés productifs, va nous permettre d’y voir plus clair dans cet enchevêtrement historique, en produisant des modèles qui présenteront les installations en fonctionnement à différentes époques.

Florent en plein repérage : prise de mesures et photographie (Crédit photo : ID Méditerranée)

Florent en plein repérage : prise de mesures et photographie (Crédit photo : ID Méditerranée)

Exemple des traces encore visibles sur les bâtiments (attache de gouttière) Crédit Photo ID Méditerranée

Exemple des traces encore visibles sur les bâtiments (attache de gouttière) Crédit Photo ID Méditerranée

Autre détail : les bâtiments des moulins à meules étaient dotés d'un sytème de paratonnerres dont on a retrouvé trace (Crédit photo : ID Méditerranée)

Autre détail : les bâtiments des moulins à meules étaient dotés d’un sytème de paratonnerres dont on a retrouvé trace (Crédit photo : ID Méditerranée)

Il s’agit d’une belle avancée pour le Projet Poudrerie, qui poursuit son travail d’étude et de compréhension du site, avec toujours comme objectif de diffuser ces nouvelles connaissances aux publics.

A la rentrée, une présentation publique des résultats de cette étude sera programmée à Saint-Chamas. Par la suite, ID Méditerranée concevra une nouvelle exposition et fournira au Conservatoire du Littoral et à la Ville de Saint-Chamas les contenus didactiques qui permettront la réalisation d’une signalétique historique.

Pour l’heure, il reste à enrichir le travail de repérage sur site par des recherches complémentaires et à traiter l’ensemble des données recueillies. Un été actif en perspective pour le Projet Poudrerie !

Ne manquez pas notre prochain RDV : visite historique commentée de la Microcentrale hydroélectrique de Saint-Chamas dimanche 20 juillet à 10h. Renseignements et inscriptions à l’Office de Tourisme 04 90 50 90 54.

 

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